Anatomie de la mélancolie
Série de photographies numériques (Février 2016-…)

J’avais 15 ans lorsque j’ai réalisé mes premiers autoportraits.
Il n’y avait plus de mots pour dire ce que je ressentais. Il y avait les images.
Un exutoire, une exploration de toutes ces émotions, de ces souvenirs confus. J’essayais d’y voir clair.
Les photographies avaient quelque chose de plus vrai, de plus concret que toutes ces bribes de pensées.
Avec la naissance de ces images, la douleur commençait enfin à exister.
Ce n’était plus cette masse indistincte de scènes mal digérées, à demi effacées par la pudeur d’un voile : l’oubli.
Je ne pouvais plus douter.

Peu à peu, j’ai laissé la place à d’autres personnes devant l’objectif.
Dans ces portraits-miroirs, les autoportraits perduraient.
Des hommes, des femmes, des gens comme vous et moi.
Avec leurs lots d’accidents, de sorties de la route, de déviations…
Nos errances se croisaient quelque part. C’est depuis ce lieu éloigné de tout que ma voix porte.
Mes photos se situent là où nos douleurs se rejoignent.

( Texte écrit en collaboration avec Anne Rivière )